Pour la première fois depuis 2003 le niveau de la Mer Morte a monté. D’après le service d’hydrologie, la Mer de Sel, comme elle est appelée dans la Bible, a gagné 8 centimètres au mois de mars.
Depuis plusieurs décennies, le niveau de la Mer Morte descend régulièrement à cause du peu d’eau venant du Jourdain et de ses sources, et de la baisse de la pluviométrie. Il descend d’un mètre par an.
En décembre 2008 le niveau a baissé de 11 centimètres ; dans le mois de janvier particulièrement sec, il est descendu de 8 centimètres ; même en février qui a été pluvieux, alors que le lac de Tibériade était remonté de 42 centimètres, la Mer Morte a baissé d’encore 8 centimètres.
Mais en mars, grâce à la crue du Yarmouk, le niveau de la Mer Morte a monté de 8 centimètres et est actuellement à 422, 22 mètres en dessous du niveau de la mer.
La dernière fois que l’on a enregistré une montée de son niveau, c’était en 2003, et cette fois encore ce fut grâce au Yarmouk. L’eau qui alimente la Mer Morte vient de la fonte des neiges et des pluies qui ont lieu en Syrie. Ces dernières descendent vers le sud dans le Jourdain et remplissent la partie nord de la Mer Morte.
Sur la baisse de niveau
Vue d’avion, c’est une catastrophe écologique !
Il est trop tôt pour savoir si cette remontée inespérée améliorera l’équilibre annuel : en 2008, le niveau de la Mer Morte avait baissé de 1,35 mètre, soit de 30 centimètres de plus qu’en 2007.
La Compagnie Nationale des Eaux explique que les quatre dernières années particulièrement peu pluvieuses ont fait baisser tous les niveaux des différentes réserves d’eau en Israël. Eli Raz, géologue qui, ces dernières années, examine régulièrement le niveau de la Mer Morte explique que toutes les sources d’eau qui alimentent la Mer Morte sont fermées- l’écluse de Degania est fermée depuis 1950 et le Yarmouk a un réservoir à l’usage des Syriens et des Jordaniens, ainsi : le climat lui, ne joue presque plus. La pluie qui arrive dans la Mer Morte est « quantité négligeable ».
A part les eaux usées qui viennent du Yarmouk en passant par le Jourdain et les eaux usées de Jérusalem et du torrent du Cédron, les seules sources d’eau naturelle sont au nord-ouest, celles de Ein Fashka, de Ein Awara et les torrents qui se forment lors des orages.
D’après Eli Raz, le facteur principal de cette baisse de niveau est le facteur humain. Il accuse le gouvernement israélien de n’avoir rien fait. « Il n’y a aucune étude sérieuse concernant le problème de la Mer Morte. Il y a des mouvements politiques et des interventions d’hommes d’affaires, mais aucun examen sur ce qu’il faut faire vraiment n’a été réalisé » conclut Raz.
Est-ce qu’un canal est la solution ?
Un canal amenant l’eau de la Mer Rouge concentre l’attention ces dernières années, roue de secours pour la Mer Morte qui s’assèche. Des politiciens et des hommes d’affaires pensent que ce canal pourrait non seulement remplir, mais aussi permettre la construction d’une centrale électrique, favoriser des projets touristiques qui aideraient la région à se développer.
Des pays européens et le Japon ont également manifesté leur soutien au projet, et actuellement la Banque Mondiale a fourni un budget pour l’étude de cette initiative. Le nouveau ministre pour le Développement de la Galilée et du Néguev, le vice-Premier ministre Silvan Shalom, a déclaré lors de son entrée en fonction, que ce projet serait en tête des travaux de son ministère.
Mais les organisations en faveur de l’environnement et les spécialistes estiment qu’il est nécessaire de bien étudier les conséquences environnementales d’un mélange d’eau de la Mer Rouge avec les eaux de la Mer Morte. Des organisations comme « Les amis de la Terre – du Moyen Orient », appellent la Banque Mondiale à financer des études plus approfondies capables d’envisager d’autres solutions comme celle du remplissage du Jourdain ou celle d’un canal venant de la Méditerranée.