Que peut faire la médecine devant des cas de stérilité irréversible ? Que va répondre le gynécologue à un couple qui, pour une raison ou une autre (absence de sperme ou absence d’utérus), est condamné à ne jamais pouvoir procréer ? Va-t-il baisser les bras et abandonner ce couple ?
Avec un de ses collègues, Roland Dajoux, gynécologue à Marseille, lance en 1983 l’association « Mères d’accueil » permettant à des femmes n’ayant pas d’utérus de trouver un « nid » pour leur ovule fécondé. Cette assistance médicale pour la procréation reçoit un accueil très favorable dans une certaine couche de la population française mais est condamnée par le gouvernement français et son président François Mittérand. En 1984 une loi passe pour interdire cette méthode. En 1988 le docteur Dajoux part s’installer en Israël.
En 1996 est mise au point en Israël une loi avec un cadre juridique très précis permettant à des couples dont la femme est atteinte de stérilité irréversible de faire appel à des mères porteuses. Cette loi est acceptée. Depuis 13 ans, 700 couples en ont fait la demande, ce qui prouve bien que cela reste du domaine de l’exception. 500 demandes ont été acceptées par une commission. 220 enfants sont nés grâce à 200 mères porteuses.
En Israël, cette loi dispose d’un système juridique très précis évitant toutes les dérives : il ne s’agit que de cas médicaux à l’intérieur d’un couple et non de problèmes relevant de la société (homosexuels…). Il est intéressant de noter que, durant ces treize ans, il n’y a eu aucun procès à ce sujet ; ce qui prouve que les contrats (dédommagement etc…) sont très précis et incontournables.
Et dans l’avenir ? Y aura-t-il un jour une autre solution pour résoudre ce problème de stérilité irréversible ? Peut-être viendra le temps où la science aura mis au point la création d’un utérus artificiel. Mais en attendant l’Etat d’Israël a voulu et su étudier, solutionner puis encadrer.
(Propos recueillis lors d’une interview à Kol Israël en français le 31 octobre 2009)