A la veille des élections en Israël, l’Autorité palestinienne publie dans les journaux Israéliens l’initiative saoudienne pour la paix.
Depuis plusieurs jours l’Autorité Palestinienne publie dans les trois grands journaux israéliens Haaretz, Yediot Aharonot et Maariv, le texte du plan de paix initié par le roi Abdallah d’Arabie Saoudite. C’est la première fois que l’Autorité Palestinienne s’adresse directement aux Israéliens par le biais de la presse.
| L’Initiative de paix arabe |
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(27-28 mars 2003)
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Partant de la conviction des Etats arabes qu’une solution militaire du conflit n’établira pas la paix, pas plus qu’elle n’assurera la sécurité d’aucune des parties
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La décision de publier le document dans la presse israélienne a été prise à la fin d’une consultation des dirigeants palestiniens, dont Saïb Arikat et le député arabe israélien
Ahmad Tibi. Ce dernier a été choisi pour mettre en oeuvre avec les journalistes israéliens ce projet. « C’est la première fois que nous faisons pareille chose. L’Autorité Palestinienne s’adresse au public israélien par l’intermédiaire d’une publicité - Lisez bien l’initiative de paix arabe, c’est l’occasion à ne pas manquer » dit Ahmad Tibi.
Le texte publié dans les journaux indique que le monde arabe reconnaîtra l’Etat d’Israël, en échange d’un retrait de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de certaines parties de Jérusalem. « 57 pays arabes et musulmans établiront des relations diplomatiques avec Israël » peut-on lire, à condition bien sûr qu’Israël se retire des territoires conquis en 1967 et que les Palestiniens puissent créer leur État.
Il est écrit, entre autre, dans l’annonce : « Après avoir écouté l’annonce du prince Abdallah, héritier de la cour d’Arabie Saoudite, dans laquelle ont été présentées l’initiative de retrait complet d’Israël de tous les territoires arabes conquis en juin 1967, en application de la décision de la commission sécuritaire 242 et 338, demande renouvelée lors de la commission de Madrid en 1991, ainsi que l’acceptation par Israël d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme sa capitale, nous établirons en échange des rapports de paix normalisés avec Israël. Les pays arabes sont en effet convaincus que la solution militaire au conflit ne mènera ni à la paix ni à la sécurité des deux partenaires ».
Sur l’affiche dont le cadre est entouré des drapeaux des 57 pays musulmans qui sont d’accord sur cette initiative, les chefs de l’Autorité palestinienne expliquent les principes de celle-ci.
Selon le député Ahmad Tibi, « Abou Mazen croit que cette initiative est la meilleure façon d’arriver à la solution du conflit, et il pense que le public israélien et la classe politique israélienne n’ont pas eu l’occasion de connaître les détails de l’initiative, aussi a-t-il jugé opportun de s’adresser directement au public ».
Pérès au souverain saoudien : votre initiative apporte de l’espoir
Lors du congrès du dialogue interreligieux la semaine dernière à New York, le président de l’Etat d’Israël Shimon Pérès a complimenté l’initiative arabe de paix. Il a également déclaré lors d’une interview réalisée en Grande Bretagne que le nouveau président américain était particulièrement impressionné par cette initiative.
La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a réagi positivement à cette initiative, mais n’a pas voulu en dire plus. En effet, en pleine campagne électorale, soutenir l’initiative de paix saoudienne risque de la desservir.

Prochainement aussi, des affiches en Amérique
L’initiative saoudienne a été acceptée au sommet de Beyrouth en 2003, et depuis elle est connue comme l’initiative arabe de paix. Cette proposition inclut une paix réelle, avec des liens diplomatiques complets entre l’Etat d’Israël et tous les Etats du monde arabe et islamique - en contrepartie de la fin de l’occupation.
Suite à l’élection de Barak Obama comme président des Etats-Unis, l’Autorité Palestinienne a l’intention de publier des affiches semblables dans les journaux américains et européens.
Pour l’Autorité Palestinienne, cette initiative de publicité n’a aucun lien avec les élections en Israël. « Celles-ci sont encore loin et nous voulions nous assurer que les Israéliens, avant de décider, savent de quoi il s’agit ».